Cette page traite d'un sujet juridique. Elle est en cours de validation par notre caution juridique. Le contenu est susceptible de précisions.

Entretien de fin de carrière obligatoire : ce que la réforme 2025 a créé

L’entretien de fin de carrière est un nouvel entretien individuel obligatoire créé par la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 (article L. 6315-1 du Code du travail). Tout employeur doit le proposer à chaque salarié avant son 60ᵉ anniversaire - concrètement, dans les deux années précédant cette date, ou en début de 60ᵉ année selon les dispositions sectorielles applicables. Il prépare la transition vers la fin de carrière : aménagement du poste, transmission des compétences, formation, tutorat, dispositifs de cumul emploi-retraite. Il s’ajoute au cycle classique de l’entretien de parcours professionnel et concerne tous les employeurs, sans seuil de taille.

Échéance de mise en conformité : application immédiate depuis le 26 octobre 2025, au plus tard le 1er octobre 2026 pour les entreprises couvertes par un accord collectif.

Qu’est-ce que l’entretien de fin de carrière ?

Réponse courte : un entretien individuel obligatoire, distinct de l’entretien de parcours professionnel classique, dédié à la préparation de la dernière étape de la vie professionnelle. Il porte sur l’aménagement de la fin d’activité, la transmission des compétences, la formation et l’information sur la retraite - il ne porte pas sur la performance.

L’entretien de fin de carrière est l’un des deux entretiens d’âge créés par la loi du 24 octobre 2025 (avec l’entretien de mi-carrière). Il s’agit d’un échange individuel entre l’employeur et le salarié, dont la finalité est précise : préparer la transition entre la pleine activité et la sortie du marché du travail, dans des conditions choisies plutôt que subies.

Cet entretien part d’un constat de politique publique. Les transitions de fin de carrière, lorsqu’elles ne sont pas préparées, se traduisent souvent par des départs précipités, des litiges sur l’aptitude au poste, ou une perte de compétences pour l’entreprise quand un salarié senior quitte sans transmettre. L’entretien de fin de carrière est conçu pour anticiper ces sujets - au bénéfice du salarié comme de l’employeur.

Sa place dans le nouveau cadre légal

L’entretien de fin de carrière a été codifié par la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 dite « loi seniors », dans le cadre plus large de la réforme de l’entretien professionnel (renommé entretien de parcours professionnel - EPP). Il s’inscrit à l’article L. 6315-1 du Code du travail, au même titre que :

  • l’entretien de parcours professionnel (le cycle classique, tous les 4 ans),
  • le bilan récapitulatif (tous les 8 ans),
  • l’entretien de mi-carrière (autour de 45 ans).

Pour la vue d’ensemble de la réforme, voir le guide complet de la réforme 2026.

Qui est concerné, et quand l’organiser

Réponse courte : tous les employeurs, sans seuil de taille. Tous les salariés, quel que soit leur contrat (CDI, CDD, temps partiel, alternance). L’entretien doit être proposé avant le 60ᵉ anniversaire - par défaut dans les deux années qui le précèdent, ou en début de 60ᵉ année selon les dispositions sectorielles d’une branche professionnelle.

L’obligation ne dépend ni de la taille de l’entreprise, ni du secteur. Toutes les entreprises du secteur privé, toutes les associations employeuses, toutes les structures de l’économie sociale et solidaire sont concernées. Pour une TPE ou une PME jusqu’à 99 salariés, l’obligation est la même que pour un groupe.

Le calendrier de référence (cadre légal). L’entretien doit être organisé avant le 60ᵉ anniversaire du salarié. Le texte de la loi pose un cadre : la pratique majoritaire retenue est de le tenir dans les deux années précédant cette date - soit entre 58 et 60 ans. Cette fenêtre de deux ans permet d’aborder utilement les questions de préparation à la retraite et d’aménagement, sans être trop éloignée de la fin de carrière effective.

Les dispositions sectorielles. Certaines branches professionnelles ont adapté ce cadre par accord collectif. Certains accords prévoient l’entretien en début de 60ᵉ année, d’autres en cadrent le déroulement (durée minimale, supports, etc.). Si votre entreprise relève d’une branche ayant signé un accord sur ce point, c’est l’accord qui prévaut sur le cadre par défaut. À vérifier : votre convention collective, votre OPCO de branche.

Les contrats concernés. CDI, CDD, temps partiel, alternance - tous les salariés présents dans l’entreprise au moment où l’échéance arrive sont concernés. Un CDD long qui couvre la fenêtre des 58-60 ans donne lieu à l’entretien, comme un CDI. Un salarié à temps partiel y a droit comme un salarié à temps plein.

Que doit aborder l’entretien

Réponse courte : cinq thèmes principaux - préparation à la retraite, aménagement du poste et du temps de travail, transmission des compétences et tutorat, besoins de formation, dispositifs de cumul emploi-retraite et retraite progressive. L’entretien est un échange, pas une procédure de sortie.

Le contenu de l’entretien de fin de carrière n’est pas formaté à l’identique de l’EPP classique. Il a une finalité propre : préparer la dernière étape de la vie professionnelle. Cinq thèmes structurent utilement l’échange.

  1. La préparation à la retraite. Information sur les démarches (relevé de carrière, simulation, point auprès de la Carsat ou de l’Agirc-Arrco), sur le calendrier envisagé par le salarié, sur les éléments qui peuvent l’éclairer. L’employeur n’a pas vocation à conseiller sur la retraite - il informe et oriente vers les ressources compétentes.

  2. L’aménagement du poste et du temps de travail. Possibilités de temps partiel choisi, d’évolution des conditions de travail (charge, horaires, déplacements), d’aménagements ergonomiques. C’est un sujet à traiter avec respect : un salarié senior ne demande pas systématiquement à ralentir - beaucoup veulent au contraire continuer pleinement.

  3. La transmission des compétences et le tutorat. Comment le salarié peut transmettre son expérience à des collègues plus jeunes : tutorat formalisé, parrainage d’alternants, formation interne, mentoring de nouveaux arrivants. C’est l’un des angles les plus utiles côté entreprise - et l’un des plus valorisants côté salarié.

  4. Les besoins de formation. Pas par défaut absents pour un salarié proche de la retraite : formation à un poste aménagé, formation pour préparer la transition (gestion de patrimoine, vie post-retraite, association/bénévolat), formation pour le rôle de tuteur.

  5. Les dispositifs de cumul emploi-retraite et de retraite progressive. Information sur les conditions d’accès à la retraite progressive (réduction du temps de travail tout en percevant une partie de la retraite), au cumul emploi-retraite (poursuivre une activité après la liquidation des droits), au tutorat senior rémunéré le cas échéant.

L’entretien donne lieu à un compte-rendu écrit, remis au salarié, qui constitue la preuve que l’employeur a rempli son obligation. La conservation du compte-rendu suit le régime de l’EPP : 6 ans à compter de la signature (référentiel CNIL délibération n° 2026-031).

Distinction avec l’entretien de mi-carrière et avec la retraite progressive

Réponse courte : l’entretien de mi-carrière a lieu autour des 45 ans et porte sur les perspectives à moyen terme. L’entretien de fin de carrière a lieu avant 60 ans et prépare la transition de sortie. La retraite progressive, elle, n’est pas un entretien - c’est un dispositif de réduction du temps de travail. L’entretien de fin de carrière peut informer sur la retraite progressive.

Trois objets distincts à ne pas confondre.

L’entretien de mi-carrière (autour de 45 ans, organisé en lien avec la visite médicale de mi-carrière) porte sur l’usure éventuelle au poste, sur les besoins d’adaptation, sur les perspectives de mobilité ou de reconversion à moyen terme. Il s’agit d’un point d’étape à mi-vie professionnelle. Pour le détail, voir le guide de l’entretien de mi-carrière.

L’entretien de fin de carrière (avant 60 ans) - l’objet de la présente page - porte sur la préparation de la sortie. C’est un entretien d’anticipation, pas un point d’étape.

La retraite progressive n’est ni un entretien ni une obligation. C’est un dispositif légal qui permet à un salarié de réduire son temps de travail à partir d’un certain âge tout en percevant une fraction de sa retraite. L’entretien de fin de carrière peut être l’occasion d’informer le salarié de l’existence de ce dispositif, et de vérifier si l’employeur peut accompagner une demande de retraite progressive. Mais la décision relève du salarié et de sa caisse.

Ce qu’il faut faire concrètement avant le 1er octobre 2026

Réponse courte : recenser vos salariés proches de 60 ans, vérifier la couverture par un éventuel accord de branche, préparer une trame d’entretien adaptée, planifier les entretiens à venir sur les 12 prochains mois.

Comme pour l’EPP classique, deux régimes coexistent jusqu’au 1er octobre 2026 :

  • Sans accord collectif : le nouveau dispositif s’applique depuis le 26 octobre 2025. L’échéance est déjà passée - tout salarié approchant 60 ans aujourd’hui devrait avoir bénéficié de l’entretien ou être en cours de planification.
  • Avec accord collectif sur l’entretien professionnel : vous avez jusqu’au 1er octobre 2026 pour réviser l’accord et appliquer le nouveau régime, entretien de fin de carrière compris.

Quatre actions à mener :

  1. Recensez les salariés qui ont 58 ans ou plus au 1er janvier 2026, et planifiez un entretien dans les 12 mois pour chacun s’il n’a pas eu lieu.
  2. Vérifiez l’accord de branche applicable : il peut préciser le moment (début de 60ᵉ année, autre fenêtre), la durée minimale, les supports.
  3. Préparez une trame structurée sur les 5 thèmes ci-dessus - distincte de la trame EPP classique, parce que les sujets diffèrent.
  4. Conduisez l’entretien dans un cadre respectueux : convocation au moins 8 jours avant, échange individuel, compte-rendu écrit remis au salarié, signature, archivage à la durée légale.

Questions fréquentes

L’entretien de fin de carrière est-il vraiment obligatoire ?

Oui. Il a été créé par la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 et codifié à l’article L. 6315-1 du Code du travail. Tout employeur doit le proposer à chaque salarié avant son 60ᵉ anniversaire, sans seuil de taille de l’entreprise. L’absence de proposition de l’entretien fragilise l’employeur en cas de litige individuel - le risque principal n’est pas administratif mais prud’hommes.

À quel âge exactement organiser l’entretien de fin de carrière ?

Avant le 60ᵉ anniversaire du salarié. La pratique majoritaire retenue est de le tenir dans les deux années précédant cette date (entre 58 et 60 ans), mais certaines branches professionnelles prévoient un entretien en début de 60ᵉ année par accord collectif. Vérifiez votre convention collective pour le cadre exact applicable à votre entreprise.

Quelle différence entre entretien professionnel et entretien de fin de carrière ?

L’entretien professionnel - désormais entretien de parcours professionnel (EPP) - est le cycle classique tous les 4 ans, qui porte sur le parcours et les compétences. L’entretien de fin de carrière est un entretien supplémentaire, dédié à la préparation de la transition retraite (aménagement, transmission, formation, dispositifs de retraite). Il s’ajoute au cycle classique, il ne le remplace pas.

Que faire si le salarié refuse l’entretien de fin de carrière ?

L’entretien est proposé par l’employeur ; le salarié n’est pas obligé d’y participer. Si le salarié refuse, conservez la trace écrite de la proposition (convocation, réponse écrite du salarié). C’est cette traçabilité qui protège l’employeur : la loi pose une obligation de proposition, et la formalisation écrite (convocation datée + refus tracé) permet de démontrer que l’employeur a satisfait son obligation. Le refus relève de la décision du salarié.

Faut-il une trame spécifique pour l’entretien de fin de carrière ?

Oui, le contenu diffère sensiblement de l’EPP classique. Une trame de fin de carrière couvre la préparation à la retraite, l’aménagement, la transmission, le tutorat, les dispositifs de cumul emploi-retraite. Une trame EPP standard ne couvre pas ces sujets. Ekipal propose une trame dédiée fin de carrière dans son catalogue de trames.

Sources et références

Sources légales

  • Code du travail, article L. 6315-1 - Légifrance.
  • Loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 (dite « loi seniors ») - Légifrance.
  • Ministère du Travail - travail-emploi.gouv.fr.
  • Service-Public.fr - fiches retraite progressive et cumul emploi-retraite.

Mise à jour : 25/05/2026. Auteur : Équipe Ekipal.

Vous savez ce que la loi attend. Ekipal s'occupe du suivi.

Recenser, planifier, convoquer, faire signer, archiver chaque entretien de fin de carrière : ce travail administratif s'ajoute au cycle EPP classique et au bilan récapitulatif. Ekipal gère désormais nativement les trois - parcours professionnel, bilan, entretiens d'âge mi-carrière et fin de carrière - avec trames dédiées, signature électronique horodatée et archivage à la durée légale. Pensé pour les TPE et PME jusqu'à 99 salariés. À partir de 2 € HT/salarié/mois en engagement annuel (2,50 € sans engagement).

14 jours sans carte bancaire - résiliation en 1 clic.