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Réforme de l'entretien professionnel : ce qui change en 2026
La loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 (« loi seniors », article 3) a réformé en profondeur l’entretien professionnel. Le terme officiel devient « entretien de parcours professionnel » (EPP). La périodicité passe de 2 à 4 ans, le bilan récapitulatif passe de 6 à 8 ans, 5 thématiques deviennent obligatoires, et deux nouveaux entretiens d’âge sont créés (mi-carrière et fin de carrière). Application immédiate depuis le 26 octobre 2025 pour les entreprises sans accord collectif ; au plus tard le 1er octobre 2026 pour celles avec un accord.
La loi du 24 octobre 2025 en bref
La loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, dite « loi seniors », est une loi de transformation du marché du travail qui couvre plusieurs sujets liés à l’emploi des seniors. Son article 3 concerne directement l’entretien professionnel : il en modifie le régime, le nom et la périodicité, et le codifie à l’article L. 6315-1 du Code du travail.
Pour comprendre pourquoi cette réforme arrive maintenant, deux contextes se croisent : un cadre européen qui pousse à l’allongement de la vie active, et un constat français - l’entretien professionnel de 2014 était devenu un rendez-vous administratif souvent expédié, sans valeur ajoutée pour le salarié comme pour l’employeur. La réforme cherche à le recentrer sur le parcours et l’évolution, en allégeant la fréquence mais en exigeant plus de précision sur le contenu.
Pour comprendre l’obligation en détail : voir l’entretien professionnel obligatoire.
Ce qui change, point par point
Sept changements concrets à retenir. Vue d’ensemble en « avant / après » :
| Avant (loi 5 mars 2014) | Après (loi 24 octobre 2025) | |
|---|---|---|
| Nom officiel | Entretien professionnel | Entretien de parcours professionnel (EPP) |
| Premier entretien | Dans les 2 ans suivant l’embauche | Dans l’année suivant l’embauche |
| Périodicité | Tous les 2 ans | Tous les 4 ans |
| Bilan récapitulatif | Tous les 6 ans | Tous les 8 ans (1er état possible à 7 ans) |
| Thématiques obligatoires | 4 thèmes | 5 thèmes (le CPF / CEP devient explicite) |
| Entretiens d’âge | Aucun | 2 nouveaux : mi-carrière (~45 ans) + fin de carrière (avant 60 ans) |
| Entretien après absence | Pratique recommandée | Obligation cadrée |
1. Le nom change
L’« entretien professionnel », institué en 2014, devient l’« entretien de parcours professionnel » (EPP). Le terme « entretien professionnel » reste massivement utilisé dans la presse, les contrats et les modèles de trame - la bascule terminologique prendra des années. Mais l’obligation, elle, est sous le nouveau nom.
2. La périodicité passe de 2 à 4 ans
L’entretien revient désormais tous les 4 ans après le premier, qui doit avoir lieu dans l’année suivant l’embauche (et non plus dans les 2 ans). Concrètement : moins d’entretiens à organiser, mais le premier doit être anticipé.
Détail des règles de transition : voir la périodicité de l’entretien professionnel pour les cas concrets (entretien sous l’ancien régime, salariés en cours de cycle, etc.).
3. Le bilan récapitulatif passe de 6 à 8 ans
Le bilan récapitulatif tous les 8 ans constate l’effectivité des entretiens passés et la progression du salarié (formation suivie, progression salariale ou professionnelle, certification acquise). Le premier état des lieux peut être anticipé à 7 ans d’ancienneté - utile dans les périodes de transition entre l’ancien et le nouveau régime.
4. 5 thématiques obligatoires (au lieu de 4)
Chaque EPP doit aborder les cinq sujets suivants, sans en omettre aucun :
- Compétences et qualifications mobilisées et leur évolution.
- Situation et parcours professionnel.
- Besoins de formation.
- Souhaits d’évolution professionnelle.
- Activation du CPF, abondements employeur et information sur le Conseil en évolution professionnelle (CEP).
La 5ᵉ thématique est la nouveauté la plus marquante côté contenu : l’employeur a désormais l’obligation explicite d’informer le salarié de ses droits à formation.
5. Deux nouveaux entretiens d’âge
La réforme crée deux entretiens spécifiques liés à l’âge, en plus du cycle classique :
- Mi-carrière : dans les 2 mois suivant la visite médicale de mi-carrière (généralement aux 45 ans du salarié).
- Fin de carrière : dans les 2 années précédant le 60ᵉ anniversaire.
6. Entretien après absence - obligation cadrée
Un EPP doit être proposé au retour de certaines absences longues (congé maternité, parental, adoption, proche aidant, sabbatique, longue maladie, mandat syndical, etc.). Exception : si un EPP a eu lieu dans les 12 mois précédant la reprise, il n’est pas immédiatement requis.
7. La sanction administrative est conservée - mais pas alourdie
L’abondement correctif au CPF de 3 000 € par salarié en cas de manquement constaté au bilan récapitulatif reste prévu pour les entreprises de 50+ salariés. Dans la pratique, cette sanction est très peu contrôlée par l’URSSAF. Le risque principal reste le contentieux prud’hommes - voir les sanctions en cas de manquement.
Qui doit se mettre en conformité, et pour quand
Réponse courte : tous les employeurs français, sans seuil de taille. L’application est immédiate depuis le 26 octobre 2025 pour les entreprises sans accord collectif. Pour celles qui ont un accord collectif portant sur l’entretien professionnel, vous avez jusqu’au 1er octobre 2026 pour le réviser et appliquer le nouveau régime.
L’obligation ne dépend ni de la taille, ni du secteur. Toutes les entreprises du secteur privé, toutes les associations employeuses, toutes les structures de l’économie sociale et solidaire sont concernées.
Deux dates à retenir :
- 26 octobre 2025 : application immédiate pour toute entreprise qui n’est pas couverte par un accord collectif sur l’entretien professionnel. Si vous êtes dans cette situation, le nouveau régime s’applique depuis cette date - l’échéance est déjà passée.
- 1er octobre 2026 : date butoir pour les entreprises couvertes par un accord collectif portant sur l’entretien professionnel. Cette période transitoire permet de réviser l’accord, de mettre à jour les trames et de planifier les nouveaux cycles.
Si vous ne savez pas si vous êtes couvert par un accord collectif : interrogez votre expert-comptable ou votre OPCO. Par défaut, considérez que vous ne l’êtes pas - le nouveau régime s’applique alors immédiatement.
Ce que la réforme implique concrètement pour une TPE ou PME
Réponse courte : 4 actions à mener - recenser, recalculer, mettre à jour les trames, planifier. Comptez une à deux demi-journées pour une PME de moins de 30 salariés.
Pour une TPE ou PME jusqu’à 99 salariés sans DRH - la cible privilégiée d’Ekipal - la réforme tombe à un moment où la plupart des structures gèrent encore leurs entretiens sur Excel et Word. Voici les 4 actions à mener :
- Recensez les salariés concernés (tous, sans exception) avec leur date d’embauche et la date de leur dernier entretien professionnel (s’il a eu lieu).
- Recalculez les échéances selon le nouveau rythme : un entretien dans l’année qui suit l’embauche, puis tous les 4 ans. Si le dernier entretien date de plus de 4 ans, planifiez-en un dans les 12 prochains mois.
- Mettez vos trames à jour pour intégrer la 5ᵉ thématique (CPF / CEP) et les nouveaux entretiens d’âge.
- Planifiez et exécutez : convocation, entretien, compte-rendu signé, archivage. Conservation 6 ans des comptes-rendus EPP signés (référentiel CNIL, délibération n° 2026-031 du 29 janvier 2026), 8 ans pour le bilan récapitulatif (art. L. 6315-1 réformé).
Questions fréquentes sur la réforme 2026
Quelle est la nouvelle loi sur l’entretien professionnel ?
La loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, dite « loi seniors ». Son article 3 modifie en profondeur le régime de l’entretien professionnel et le renomme « entretien de parcours professionnel » (EPP). Le nouveau texte est codifié à l’article L. 6315-1 du Code du travail. Application immédiate pour les entreprises sans accord collectif depuis le 26 octobre 2025.
Quel est le nouveau rythme de l’entretien professionnel ?
Un premier entretien dans l’année suivant l’embauche, puis tous les 4 ans (au lieu de 2 ans dans l’ancien régime). Le bilan récapitulatif passe de 6 à 8 ans, avec un premier état des lieux possible dès 7 ans d’ancienneté. Pour les règles de transition entre l’ancien et le nouveau régime, voir la périodicité de l’entretien professionnel.
Quand faut-il appliquer la réforme ?
Depuis le 26 octobre 2025 pour les entreprises sans accord collectif sur l’entretien professionnel (échéance déjà passée). Au plus tard le 1er octobre 2026 pour celles couvertes par un accord collectif - la période transitoire permet de réviser l’accord existant et d’adapter les pratiques.
Quelles sont les nouveautés sur le contenu de l’entretien ?
Cinq thématiques deviennent obligatoires (au lieu de quatre) : compétences mobilisées et leur évolution, parcours professionnel, besoins de formation, souhaits d’évolution, et - c’est la nouveauté - activation du CPF, abondements employeur et information sur le Conseil en évolution professionnelle (CEP). Une trame qui n’aborde pas l’une des cinq n’est pas conforme.
Que change la réforme pour les petites entreprises (moins de 50 salariés) ?
Les obligations sur le cycle EPP (1 an, puis 4 ans), le bilan tous les 8 ans, les 5 thématiques et les entretiens d’âge s’appliquent sans seuil. L’abondement correctif au CPF de 3 000 € par salarié, lui, ne concerne que les entreprises de 50 salariés et plus. Mais le risque prud’hommes en cas d’absence de traçabilité concerne toutes les entreprises.
Sources et références
Sources légales
- Loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 - Légifrance.
- Code du travail, article L. 6315-1 - Légifrance.
Sources officielles
- Ministère du Travail - travail-emploi.gouv.fr.
- Référentiel CNIL « Gestion des ressources humaines » (délibération n° 2026-031 du 29 janvier 2026).
Mise à jour : 24/05/2026. Auteur : Équipe Ekipal.
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